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Actions cotées - l'investissement à long terme via les ETF

Cette méthode est très simple et maintenant assez connue : l'investissement en actions via des ETF (fonds indiciels) et si possible en investissant régulièrement (le fameux DCA).

 

Pourquoi ?

 

  • Elle comble les failles des autres méthodes : les marchés n'étant pas prédictibles, autant ne pas perdre de temps à essayer de les anticiper. Que ce soit leur évolution future, comme la sélection d'entreprises dans lesquelles on croit. En achetant les indices, on s'expose globalement à l'évolution de l'économie en diversifiant ses positions (sectoriellement et géographiquement). En outre, les ETF sont la manière la moins couteuse de s'y exposer. Ils sont en effet moins chargés en frais que des fonds (OPCVM) gérés activement et n'incluent pas le risque de l'erreur humaine dans la sélection des titres.

 

  • Elle est statistiquement (sur le long terme) plus efficace que les autres. À une échéance de 10 ans, plus de 90% des fonds gérés activement sous-performent leur indice de référence. Et le fait de placer régulièrement sur ce type de support lisse la volatilité propre aux marchés actions. 

 

Derrière cette méthode réside des travaux universitaires et une théorie que l'on peut qualifier de scientifique : la théorie de la marche au hasard. Il s'agit d'une théorie mathématique qui se veut plus descriptive que normative. Elle n'entend pas expliquer les mouvements ou anticiper l'avenir. Mais constate que sur de nombreux sujets (impliquant souvent la psychologie humaine), les facteurs expliquant les décisions individuelles sont nombreux et imprédictibles. C'est notamment le cas de l'évolution des cours de bourse. Dans ce contexte, la manière la plus adéquate d'évoluer est de ne pas chercher la singularité, mais d'acheter “tout” le marché, avec des frais les plus bas possibles et de s'y tenir.

 

 

Une fois qu'on a dit ça, comment on procède ?

 

Tout d'abord, il faut sélectionner une enveloppe de placement pour y loger les ETF dans lesquels on va investir : Compte titre, PEA ou assurance-vie.

 

Le choix dépend de plusieurs facteurs :

 

  • L'univers de choix des ETF : Le compte titre offrira l'univers le plus large, le PEA exclura une partie des ETF (Non européens s'ils ne sont pas répliqués, obligataires, …) et l'assurance vie proposera une sélection d'ETF à la discrétion de l'assureur qui gère le contrat. De ce point de vue, le compte titre gagne le match !

 

  • La fiscalité : Dans le cas du compte titre, les éventuels dividendes et plus-values seront imposés à la flat tax (PFU), soit 30% ou au barème de l'impôt sur le revenu s'il est plus intéressant pour vous. Pour le PEA, au delà de 5 années de détention, les revenus générés seront exonérés d'impôt sur le revenu (mais assujettis aux prélèvements sociaux, soit 17.2%). Enfin, l'assurance vie offre un cadre fiscal légèrement plus avantageux que le PFU après huit années de détention (24.7%), et 30% avant. Surtout, après les huit ans, vous bénéficiez d'un abattement de 4600€ (9 200€ pour un couple) de gains lors des rachats effectués annuellement. Les gains rachetés dans la limite de l'abattement ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Du point de vue fiscalité, c'est le PEA et l'assurance vie qui l'emportent !

 

  • Les frais : Compte titre et PEA disposent de frais (souvent similaires) qui dépendent du courtier, mais qui sont aisément compressibles compte tenu de la concurrence en la matière grâce aux néo courtiers en bourse. Les frais susceptibles d'être perçus sont listés ici. S'agissant de l'assurance vie, on rajoute un intermédiaire, l'assureur qui gère le contrat. Ce qui se traduit par des frais de gestion en plus des frais de courtage. De plus, au sein de l'assurance vie, les ETF sont des “Unités de Compte”. Les frais ne sont pas facturés directement comme sur un compte titre ou un PEA, mais retirés sur la valeur des unités de comptes gérées. Donc dans ce cas, des ETF. La conséquence : les frais en assurance vie sont moins transparents et viendront en déduction de la performance réalisée par vos placements. Ici, c'est le compte titre et le PEA qui gagnent !

 

 

Une fois le support le plus adéquat à votre projet sélectionné, vous pouvez vous mettre en quête du courtier le plus adapté :

 

  • Pour les comptes titres et PEA, un néo-courtier en bourse fera amplement l'affaire (Degiro, Bourse Direct, Trade Republic, …). Ils proposent en effet des frais défiant toute concurrence (notamment celle des banques physiques). Des banques en ligne peuvent également être compétitives (BoursoBank, Fortuneo, …). Dans ces deux cas, vous ne bénéficierez pas d'un conseiller attitré pour vous accompagner. Si c'est ce que vous cherchez, il vous faudra aller voir une banque physique. Mais les frais seront autrement plus élevés.

 

  • Pour l'assurance vie, un courtier en assurance en ligne tel que Linxea ou Indexa Capital sera parfait. L'idée est que le courtier prélève le moins de frais possibles en plus de l'assureur. Ce qu'il faut regarder ensuite, ce sont les contrats proposés et les supports de placement proposés au sein des contrats. Comme indiqué plus haut, ici, c'est l'assureur qui sélectionne les ETF éligibles au contrat d'assurance-vie qu'il propose. Ce qui nous amène au point suivant :

 

 

La sélection du ou des ETF :

 

Ici, ça se complique un peu. Car les noms des ETF, à l'inverse d'OPCVM gérés activement, ne sont pas très explicites … En effet, ils prennent le nom de l'indice qu'ils répliquent, après le nom du “gestionnaire” de l'ETF. 

 

Ainsi, si vous souhaitez investir dans les actions des pays émergents, vous pouvez vous mettre en quête d'un ETF qui réplique l'indice “MSCI emerging markets”. Vous trouverez le géant Français de la gestion d'actifs Amundi avec son “Amundi MSCI emerging markets UCITS ETF USD”, son concurrent américain filiale de Blackrock, Ishares, avec son “Ishares MSCI EM UCITS ETF (Acc)”, … . Rien ne sert de trop se disperser dans l'univers (large) des possibles. 

 

Rester sur les plus gros gérants peut largement suffire.

 

En plus, rassurez vous, vous ne risquez pas de faire une erreur dramatique à ce moment là. Au pire, l'ETF sera un peu moins performant (mais pas de beaucoup) ou il sera absorbé par un autre car trop petit ou pas assez liquide. Mais vous ne perdrez pas votre argent de ce fait.

 

Pour faciliter l'identification des ETF que vous choisirez (et éviter de les confondre tant leurs noms sont peu explicites), référez-vous à leur code ISIN. De cette manière, pas d'erreur possible.  

 

 

Concentrons-nous sur les points d'attention qui vont être importants pour vous et votre projet dans la sélection d'ETF :

 

  • L'indice : à quel(s) marché(s) souhaitez vous exposer vos investissements ? On a cité les marchés émergeant, mais vous pouvez, en un seul coup, vous exposer à la totalité des marchés actions mondiaux via l'indice MSCI World, ou le CAC40 si vous préférez vous exposer à l'économie Française, … bref, vous trouverez tout ou presque ! Il est intéressant de regarder également comment est composé l'indice : Comme indiqué au dessus, le MSCI World donne l'impression de vous exposer au monde entier. Ce qui est le cas, mais les investissements aux USA représentent à ce jour entre 60 et 70% de l'actif du fonds. Donc la diversification géographique ne sera pas forcément correspondante à vos attentes selon les méthodes de calcul de l'indice (ici, la pondération se fait tout simplement par la taille de la capitalisation boursière et les entreprises américaines sont à la fois plus puissantes et mieux valorisées).

 

  • Existe-t-il un ETF de l'indice sur lequel vous souhaitez investir qui est éligible à l'enveloppe de placement dont vous disposez ? Dans l'exemple repris, si vous avez choisi d'investir en PEA (très bon choix !), vous ne pouvez normalement pas investir hors zone euro. Donc pas dans les pays émergeants. Sauf que des mécanismes de réplication le permettent. Du coup, vous trouverez l'ETF “AMUNDI PEA MSCI emerging markets ESG Leaders UCITS ETF” qui le permettra (en appliquant en outre un filtre sur les entreprises les plus vertueuses en matière d'Environnement, de Social et de Gouvernance). Ce type d'ETF est par contre un peu plus chargé en frais que d'autres.

 

  • Quel est le niveau de frais de l'ETF ? Cela peut être un bon moyen de choisir entre deux ETF exposés au même indice. Moins de frais = plus de rendement. Mécaniquement. Les frais des ETF s'échelonnent entre 0.05% et 0.6%. La différence de rendement peut-être très importante sur la durée. Mais gardons tout de même à l'esprit qu'un OPCVM géré activement facturera entre 1 et 2.5% de frais annuels. Donc ne vous embêtez pas forcément à chercher l'ETF le moins cher …

 

 

Ensuite, des points d'attention moins importants, mais à éventuellement surveiller :

 

  • L'ETF est-il capitalisant ou distribuant ? Dans l'exemple du dessus, l'ETF d'Ishares précise (Acc pour accumulation) qu'il est capitalisant. S'il était indiqué (Dist) à la place, cela signifierait qu'il est distribuant. La différence entre les deux ? L'ETF capitalisant va capitaliser les dividendes distribués, et donc faire grossir la valeur de l'ETF. Le distribuant va vous verser les dividendes. Si vous investissez via un compte titre, cela implique de passer par la case impôts à chaque distribution. Par contre, vous disposez du cash pour investir ailleurs si vous le souhaitez. Les ETF distribuant demandent donc un peu plus de temps de gestion et le risque de frottements fiscaux qui diminueront votre performance finale en fonction du type de support de placement.

 

  • Quelle est la taille de l'ETF ? Des ETF trop petits (en dessous de 100 millions d'euros de capitalisation) sont réputés moins liquides, et risquent à un moment d'être intégrés à un autre ETF plus gros. Le risque sur votre argent est encore une fois quasi nul, mais vous devrez peut-être vendre vos parts fusionnées si le nouvel ETF ne correspond plus à vos aspirations, pour en chercher un autre qui y correspond mieux.

 

  • Dans quelle devise est libellé l'ETF ? Dans l'exemple du dessus, l'ETF d'Amundi est libellé en dollars. Ce pourquoi il précise USD à la fin (Celui d'Ishares également, mais Blackrock étant américain, ils ne le précisent pas !). Cela implique, lorsque les investissements sont faits en euro, que la performance générée par l'ETF sera impactée par l'évolution de la parité de change euro/dollar. Ce qui peut être favorable comme défavorable. Mais surtout, cela entraine une évolution de la performance de votre placement qui sera en partie décorrélée de l'évolution de l'indice.

 

 

Enfin, la gestion et le suivi de vos investissements :

 

L'avantage de l'investissement en ETF, c'est qu'une fois tous ces choix réalisés, il ne reste plus grand chose à faire. Le suivi de vos investissements sera quasi inexistant.

 

La seule chose importante à faire si vous ne voulez pas suivre les soubresauts du marché, c'est de mettre en place des investissements programmés sur les ETF que vous avez choisi.

 

C'est la fameuse méthode “DCA” (mot venant de l'univers crypto dont la signification n'a ici aucune utilité). L'idée est très simple, programmer mensuellement (ou de manière hebdomadaire, ou toute autre périodicité qui vous plaira), un achat des ETF sélectionnés pour un montant fixe.

 

De cette manière, la volatilité inhérente aux marchés actions sera lissée dans le temps. En gros, vous subirez moins les fortes hausses et baisses des marchés actions sur la valorisation de votre placement. Vous “moyennerez” votre prix d'achat.

 

De nombreuses plateformes permettent aujourd'hui d'automatiser ces investissements programmés. Sinon, vous pouvez ajouter cette routine à vos habitudes !

 

Et il ne vous restera plus qu'à observer de loin votre portefeuille d'ETF suivre l'évolution de l'activité économique, sans trop vous poser de questions, jusqu'au moment (lointain) où vous penserez au rachat de vos fonds pour réaliser un projet, et que je l'espère vous constaterez la belle performance que vous aurez réalisé :)

 

 

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